L’augmentation des biens pendant l’année qui s’écoule

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Il faut distinguer 3 cas en fonction de la nature de cette augmentation :

1er cas : Il s’agit d’un bénéfice issu directement du bien en question et de même nature.

Exemples : les bénéfices commerciaux issus de la revente de marchandises, l’argent épargné qui est réinvestit en stocks commerciaux, des euros épargnés avec lesquels on achète de l’or qui prend de la valeur, la progéniture du bétail …

  • Il faudra s’acquitter de la zakat sur la totalité en incluant cette augmentation, même si celle-ci a eu lieu à la fin de l’année.

2è cas : Il s’agit d’un bien d’une autre nature qui vient s’ajouter à son patrimoine.

Exemple : un propriétaire de bétail reçoit en héritage une somme d’argent.

  • Les biens sont de natures différentes. Donc, il faut tenir compte d’une date de début d’année différente pour chacun d’entre eux.

3è cas : Il s’agit d’un bien de même nature qui viennent s’ajouter.

Exemples : un propriétaire de moutons possède 120 moutons. Puis, au milieu de l’année, il hérite ou achète 10 moutons. [le seuil minimal pour les moutons est de 120]

Une personne possède 25 dinars-or qu’il avait épargnés pendant 10 mois. Puis, il reçoit 10 dinars-or. [le seuil minimal pour l’or est 20 dinars-or]

  • Dans ce cas, chaque bien sera compté séparément selon sa propre année.

Ainsi, si le propriétaire met progressivement de côté des biens de provenances diverses tout au long de l’année, il n’a pas obligation de tous les payer en même temps, puisque chaque « fraction » atteignant le nisâb aura sa propre année décomptée. Et si son argent mis de côté était en-dessous du niçâb, le décompte de l’année ne commencera que lorsqu’il l’aura dépassé.

De même, si une seule fois dans l’année, la valeur de la somme passe en-dessous du niçâb, il n’aura plus à payer la zakat, jusqu’à ce qu’elle dépasse à nouveau le nisçâb. Dans ce cas, une nouvelle année commencera.

Autre façon de faire : il est également possible de ne pas se préoccuper des fluctuations au cours de l’année et de s’acquitter de la zakat à la fin de l’année.

 

Disposer de ses biens pendant l’année qui s’écoule

Le propriétaire de biens peut en disposer comme il le souhaite : s’acheter des biens personnels, revendre son bétail, faire des dons … Il n’y a aucun mal à utiliser ses biens et les dépenser, ou à s’en servir pour acquérir d’autres biens, ou à en faire don, car leur propriétaire est libre d’en disposer à sa guise.

Si cette utilisation ou cette dépense les fait baisser en-dessous du nisâb, il n’aura plus à payer de zakat, à condition que cela ne soit pas une ruse pour y échapper.

 

4è condition :  Que les biens soient destinés à être fructifiés ou à en tirer profit.

Tous les biens qui ne fructifient pas et sont destinés à l’utilisation personnelle, pour soi-même ou ses proches, ne sont pas concernés par la zakat, quelle qu’en soit la quantité ou la valeur.

Exemples : les terrains destinés à la construction, les habitations, les véhicules personnels, les meubles, les outils personnels, les livres …

Ce statut pourra changer, si le propriétaire décide de vendre ce bien. Dès qu’il aura l’intention d’en faire le commerce et de le vendre, le bien sera alors soumis à la zakat et le décompte de l’année (hawl) commencera à ce moment-là.

Remarque : si une personne met de l’argent de côté pour construire sa maison, se marier ou aller au pèlerinage, elle devra payer la zakat sur cet argent, chaque année, dès que la somme dépasse le niçâb.