Malgré les violences, ils ont célébré ensemble la rupture du jeûne

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Elle était prévue depuis plusieurs mois mais ce samedi alors que les tragédies se succèdent, la soirée organisée par la mosquée de Gennevilliers à l’occasion de la rupture du jeûne a pris une autre dimension. Orlando, Magnanville et bien sûr la rixe de la semaine dernière lors de laquelle Lies, un jeune de Gennevilliers, a été tué par balle, ont donné un relief particulier à l’événement.

Une urne avait d’ailleurs été installée pour récupérer des dons et aider la famille de Lies. A la tribune, quelques minutes avant la rupture du jeûne, Mohammed Ben Ali, le président de l’association Ennour, a tenu à lancer un message de paix. « Ce moment qui devait être festif, s’est assombri par l’assassinat de policiers, par ces familles touchées par ces drames, comme ici à Gennevilliers. Mais c’est un message d’espoir que nous souhaitons lancer à nos concitoyens. Nous voulons créer des liens de fraternité, encourager le rapprochement par la culture, le dialogue ou l’éducation ». Depuis le début de la semaine les membres de Ennour ont justement sillonné les quartiers nord de Gennevilliers afin d’appeler au calme et de lutter contre toute velléité de vengeance. L’enquête se poursuit et, vendredi, le parquet a ouvert une information judiciaire pour assassinat.

En dépit de ce contexte difficile, samedi, les cuisiniers bénévoles se sont affairés toute la journée. Et même si le pique-nique a fini sous un grand barnum dans le stade de Gennevilliers, même si les orages de la fin de journée en ont découragé quelques-uns, Milouda l’affirme : « C’est rare d’être tous ensemble pour partager la rupture du jeûne ! D’habitude, on est chacun chez soi. Nous voulions être là ».

Samedi soir, au moins deux cent personnes ont répondu à l’invitation de l’association « Cultures et Lumières », qui organisait son premier pique-nique géant du Ramadan « L’idée de cet événement était de nous ouvrir aux autres, aux musulmans et aux non musulmans, pour partager ce moment important qu’est la rupture du jeûne », explique Ipticem, de l’association. « Il y a encore beaucoup de fausses idées qui circulent sur notre religion, avouent Mariem et Myriam. Beaucoup ne la connaissent qu’à travers le petit écran. C’est donc important d’expliquer et de partager pour mieux se connaître ». « Il faut parler, répéter que ce que défendent ces barbares, ce n’est pas cela l’Islam », ajoute un autre. « Et puis, à Noël par exemple, beaucoup de musulmans sont là. Ce serait bien que l’inverse soit vrai par exemple lors de la rupture du jeûne. Il faut pour cela créer des occasions », suggère Nadjette, venue de Colombes.

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