c’est signé

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c’est signé

LA JOIE se lisait sur les visages des fidèles musulmans de Gennevilliers qui s’étaient donné rendez-vous samedi après-midi sur le terrain où sera construite la future mosquée, à l’occasion de la signature du bail entre la ville et l’association Ennour, qui porte le projet. Un bail emphytéotique – de 99 ans – pour 1 €, un coup de pouce de la mairie pour qu’enfin les musulmans de la ville aient un endroit digne pour pratiquer. Une grande tente blanche avait été dressée pour la cérémonie et le repas qui suivait, mais auparavant les fidèles ont pu pour la première fois prier sur le lieu où sera érigée leur mosquée.


« On est très contents, confie Mourad, un habitant du quartier des Grésillons, où s’implantera le lieu de culte. Le projet est très beau, on peut être fiers. » Mais si la signature du bail est une réelle avancée, il leur reste à réunir les fonds. Tout l’après-midi, les appels aux dons se sont multipliés car l’action de la mairie s’arrête là. Ce sera aux fidèles de financer le projet d’un montant total de 3 millions d’euros. Avec 1,5 million d’euros, le gros oeuvre pourra débuter. Ils ont déjà environ 450 000 €, dont un don de 90 000 € porté en exemple auprès de tous pour inciter à donner.
Le parisien 17 octobre 2005-10-17

LE TÉMOIN DU JOUR
« Balayer les discours des fanatiques »

«C’EST UNE très bonne démarche, estime Saïd Ghili, jeune fidèle de Gennevilliers, cela va permettre que les non-musulmans arrêtent de croire qu’on est tous des terroristes et, à l’inverse, de prouver aux musulmans que la société française laïque et républicaine ne veut pas les désintégrer sous couvert de les intégrer. » Selon lui, la jeune génération « sait que la République leur appartient », mais les plus anciens « s’en méfient ». Dernier d’une famille de huit enfants, il le voit avec ses frères et soeurs.
« Cette génération a essayé de se fondre dans la masse, prenant des prénoms français et ayant presque honte de leurs origines, confie-t-il, mais quand t’as une tête d’Arabe, les racistes restent racistes ! » Pour Saïd, les jeunes aujourd’hui « retrouvent leurs racines en allant à la mosquée, mais se considèrent bien plus français que leurs aînés qui ont arrêté pour tenter d’être des Français dits normaux ». Il le croit profondément : « On peut être français à 500 % et pratiquant à la fois et ce bus va nous aider à le prouver en balayant les discours des fanatiques des deux côtés qui veulent faire croire le contraire. »
(LP/S.M.)